lundi 28 juillet 2014

Pétition adressée à Madame la Ministre de l’Ecologie relative aux risques d’inondations liés au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

Cette pétition parrainée par les associations Eau & Rivières de Bretagne, Nature-Avenir et Solidarités-Ecologie
se situe à l’écart de la controverse sur la pertinence du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.
Elle a pour but d’attirer l’attention des autorités de l’Etat en charge de la sécurité publique
sur les risques d’inondation aggravés ou créés par l’implantation de cet équipement.

Le risque d’inondations a été passé sous silence lors de l’enquête publique de 2006, il n’a pas fait non plus l’objet d’une étude spécifique lors de l’enquête publique sur l’eau de 2012. Les données statistiques très générales fournies sont très insuffisantes. La zone d’étude évoquée dans les dossiers des enquêtes publiques est limitée à une dizaine de kilomètres autour du site, on semble donc considérer l’eau comme un élément statique pour lequel l’implantation du projet n’aurait aucune conséquence au-delà des limites de cette zone.

La zone d’implantation prévue pour l’aéroport est le point culminant et le ″château d’eau" de plusieurs bassins versants. Ce plateau est constitué majoritairement de sédiments à forte teneur argileuse. Dans cette zone humide, l’eau ne s’infiltre pas, elle stagne et elle ruisselle. Les nombreux et minces ruisseaux qui la parcourent, souvent à sec l’été, se transforment très vite en torrents en cas d’intempéries fortes ou de longue durée. On se trouve dans cette situation tous les ans entre décembre et avril.

Sur les bassins versants du nord, vers le canal de Nantes à Brest, qui emprunte le cours de l’Isac, les inondations sont fréquentes. Plus loin à l’ouest, là où l’Isac se jette dans la Vilaine, l’eau en provenance du plateau de Notre Dame des Landes crée un bouchon qui aggrave les crues annuelles importantes de la région de Redon le long du cours de la Vilaine et le long de ses affluents au nord de Redon avec leurs conséquences matérielles, économiques et environnementales désastreuses.

L’eau qui inonde le périphérique nord de Nantes tous les ans pendant plusieurs jours vient directement du plateau de Notre Dame des Landes par l’intermédiaire du Gesvres. Les conséquences économiques et humaines sont particulièrement dommageables pour les entreprises et insupportables pour les particuliers. Un lotissement de La Chapelle sur Erdre, situé près de l’embouchure du Hocmard dans l’Erdre a déjà subi des inondations. Dans les deux cas, l’inondation est aggravée par la montée simultanée du niveau de l’Erdre qui bloque l’évacuation des crues du Gesvres et du Hocmard.

Le bétonnage consécutif à la construction des pistes, des bâtiments et des voies d’accès ainsi que le stockage sur place de millions de m3 de déblais à forte teneur en argile entrainerait l’imperméabilisation définitive d’importantes surfaces, une augmentation du débit des nombreux ruisseaux qui prennent leur source sur le site et une accélération de leur vitesse d’écoulement, donc une augmentation des risques d’inondation en aval et sans doute la création de nouvelles zones inondables. Certes, il est prévu de positionner des bassins de rétention sur l’emprise du projet aéroportuaire et le long des voies d’accès mais leur capacité totale - environ 61 000 m3 - est ridiculement sous-dimensionnée par rapport aux risques d’inondation.

Programmer des travaux d’une telle ampleur sans avoir mesuré les risques pour les personnes et leurs biens, pour les activités agricoles, industrielles, artisanales et commerciales ainsi que pour l’environnement, constituerait un pari très risqué aux conséquences matérielles, économiques et humaines particulièrement graves qu’il serait parfaitement irresponsable de ne pas prendre en compte.

Nous exigeons qu’une étude spécifique soit menée par une équipe pluridisciplinaire (géographes, géologues, météorologistes, etc) pour évaluer les risques d’inondations créés ou aggravés par l’implantation du projet.Pour assurer une parfaite objectivité de cette étude, nous demandons que son programme et le choix des experts qui la réaliseront soient faits conjointement par des porteurs du projet et par des opposants.


Télécharger ici le PDF à imprimer recto-verso et renvoyer les pétitions signées à Solidarités-Ecologie 8, chemin de la Guillaumière 44240 La Chapelle sur Erdre

Source : acipa-ndl.fr